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mercredi, 16 mars 2016 16:03

Démystifions les croyances populaires

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Aujourd’hui le 16 mars, les diététistes du Canada sont à l’honneur en cette 7e Journée des diététistes. L’idée est de mettre en valeur le travail de ceux et celles qui ont comme responsabilité de bien nous renseigner quant à la nutrition et aux habitudes alimentaires. Ils sont experts en matière de saine alimentation et c’est souvent entre les mains de ces experts que repose notre confiance.

Devançant certaines doctrines particulières, il n’est que normal de croire que ces experts seraient les premiers à suivre les recommandations qu’ils suggèrent aux autres. Nous percevons les diététistes comme des exemples à suivre en matière de nutrition. Cependant, il est important de ne pas oublier que malgré leur domaine d’expertise, eux aussi peuvent être tentés de vouloir se gâter une fois de temps en temps. Regardons donc quelques mythes que l’on véhicule peut-être inconsciemment à leur sujet.

1- Les diététistes ne mangent jamais de malbouffe

« Tous les aliments ont une place dans l’alimentation. Alors ce n’est pas nécessairement que l’on mange de la malbouffe tous les jours, mais c’est peut-être d’avoir des desserts ou un peu des autres aliments qui ne sont pas nécessairement très nutritifs, mais en modération », explique une des diététistes professionnelles de Saine Alimentation Ontario, Dina Skaff, Dt.P.

2- Les enfants des diététistes ne sont pas difficiles

« Comme toutes les personnes, tous les enfants sont différents. Il peut y avoir une diététiste qui a un enfant qui mange tous les aliments, mais il peut en avoir d’autres qui sont plus difficiles. Ce que l’on essaie de faire, c’est de continuer d’offrir des aliments aux enfants pour qu’ils commencent à développer des gouts pour les différents aliments qu’ils n’aiment peut-être pas au début. Plus vous offrez des aliments variés, plus l’enfant aura l’opportunité de gouter et de développer un gout pour ces aliments et leurs textures. Alors si on les offre lorsqu’ils sont plus jeunes, cela pourrait aider à développer leur gout plus tôt », soulève Mme Skaff.

3- Les diététistes ne mangent pas leurs émotions.

« Les diététistes sont des humains comme les autres, personne n’est parfait. Nous passons beaucoup de temps dans notre carrière à essayer d’encourager les gens de manger pour se nourrir et non pas pour se consoler. Il y a d’autres façons de se réconforter qu’avec la nourriture. Cependant, nous vivons dans société où la nourriture est promue comme un réconfort. Il y a plusieurs énormes campagnes de markéting qui misent sur ce point. Un exemple qui me vient en tête : Vous méritez une pose aujourd’hui! [vous l’aurez bien reconnu : la pose Kit Kat]. Donc, nous mettons de l’avant l’aspect de se nourrir et non de se réconforter, mais il ne faut pas non plus être trop dure avec soi-même », élabore la diététiste enregistrée du Thunder Bay District Health Unit, Kim McGibbon, R.D.

4- Les diététistes nourrissent leurs nouveau-nés au sein seulement.

« Les diététistes recommandent de nourrir au sein, si possible, mais il y a des cas où ce n’est pas possible. Dans ces cas, nourrir avec du lait maternisé est l’autre choix. Alors ça peut être une option pour les diététistes aussi », avoue Mme Skaff.

5- Les diététistes détestent la restauration rapide.

« Ce n’est pas que les diététistes ne mangent pas de la restauration rapide, mais il y a une place pour avoir ces aliments avec modération. L’idée est plutôt de choisir des aliments santé la plupart du temps », dévoile Mme Skaff.

6- Les diététistes ne mangent jamais trop.

« Il nous arrive tous de trop manger parfois, par exemple lors des soupers de Noël ou dans des buffets où nous sommes exposés à tellement de nourriture que nous avons tendance à manger plus que nous en avons besoin. Mais nous encourageons les gens de manger jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits et non pleins. Dans la culture nord-américaine, nous avons tendance à manger jusqu’à ce que nous soyons pleins. La taille des boissons gazeuses et des portions des restaurations rapides, ainsi que leur prix peu couteux et les aubaines deux pour un, nous encouragent à manger vite et plus. C’est pourquoi nous devons rappeler aux gens d’écouter leur corps pour voir quand ils ont faim et arrêter une fois qu’ils sont satisfaits. Nous devrions suivre l’exemple des bébés : une fois qu’ils sont satisfaits, c’est fini, ils n’en veulent plus et la nourriture finit au sol. Mais nous, les adultes, si c’est devant nous et que nous sommes encore assis à la table en train de jaser, nous allons continuer de grignoter », illustre Mme McGibbon.

7- Les diététistes sont tous maigres.

« C’est faux. Toutes les personnes ont des corps différents, alors on ne peut pas dire que tous les diététistes sont maigres. Ça peut dépendre d’une variété de facteurs, comme le type de corps, donc pas juste l’alimentation », révèle Mme Skaff.

8- Les diététistes évaluent votre assiette.

« Les gens croient qu’on surveille leurs assiettes, leurs paniers d’épicerie, leurs consommations avec des amis, les diners au travail, etc. Les gens croient qu’ils sont sous surveillance, mais ce n’est pas notre travail. Notre travail c’est d’être là quand les gens ont des questions ou lorsqu’ils cherchent à apporter des améliorations à leurs habitudes alimentaires. Nous sommes là pour leur apporter la science et une orientation dans la bonne direction », déclare Mme McGibbon.

9- Les diététistes croient que la nutrition est la réponse à tout.

« Parfois il y a des maladies ou des conditions où la réponse n’est pas nécessairement la nutrition, mais elle est responsable d’une partie de la santé en général. Ça peut aider à éviter des maladies ou à les gérer, mais ce n’est pas toujours la réponse à tout. C’est pour cette raison que l’on recommande aussi de vérifier auprès des autres professionnels de la santé. Ce n’est pas tout de se fier à la nutrition : c’est important de se fier aux autres professionnels comme les médecins et les physiothérapeutes pour avoir une vie saine et gérer les conditions et les maladies », conseille Mme Skaff.

Lu 3086 fois Dernière modification le mercredi, 16 mars 2016 16:13
Priscilla Pilon

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6212

priscilla.pilon@levoyageur.ca

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