FacebookTwitter
mercredi, 16 mars 2016 06:00

Violence politique au Canada

Depuis quelques mois, le monde entier regarde la campagne de Donald Trump et se réjouit de ne pas vivre aux États-Unis. On se dit que ce genre de campagne qui prône l’intolérance et sème la violence ne pourrait jamais exister chez nous. Mais avons-nous raison? Il est vrai qu’aux États-Unis, Trump n’est pas le premier politicien à promouvoir la violence lors de ses rallyes. Déjà, lors de la campagne présidentielle de 1968, le candidat indépendant Georges Wallace proférait les mêmes menaces envers ceux qui osaient protester lors de ses rencontres politiques. Ailleurs dans le monde, on a aussi connu ce genre de politicien. On a qu’à penser à Mussolini, à Hitler et à tous les autres dictateurs mégalomanes qui ont pollué la politique de plusieurs pays. Une petite recherche Google dégote d’ailleurs plein de vidéos qui montrent des politiciens en venant aux coups lors de rallyes politiques ou même au sein de leur propre assemblée législative.

Au Canada, nous n’avons pas vraiment connu de politicien de cette trempe. On a pu reprocher à certains de nos dirigeants politiques de nous cacher des choses, de nous mentir, de diaboliser certains groupes ethniques ou religieux et même de favoriser l’intrusion musclée de la police lors de manifestations. Mais, de mémoire d’homme, aucun de nos politiciens n’a encore encouragé ouvertement ses partisans à attaquer des opposants.

Cela ne veut pas dire que le Canada n’a jamais connu de violence politique. Cette violence a rarement été encouragée par des personnes en politique active, mais a plutôt été le fait de groupuscules de l’extrême droite ou de l’extrême gauche.

On se souvient de la crise d’octobre 1970 où des indépendantistes ont kidnappé des hommes politiques et en ont tué un. Si on remonte dans le temps on découvre plusieurs actes de violence politique. En 1784, des travailleurs blancs de Shelburne en Nouvelle-Écosse incendiaient une vingtaine de maisons appartenant à des Noirs. De 1867 à 1892, on dénombre 22 émeutes opposant des orangistes aux Irlandais catholiques à Toronto. En 1883, une fameuse bataille entre Blancs et Chinois a fait 9 blessés et 2 morts près de Lytton en Colombie-Britannique.

Plusieurs manifestations de violence politique au Canada relèvent du Ku Klux Klan (KKK). Actif au début du XXe siècle, le Klan s’est surtout attaqué aux catholiques. En 1922, ses membres ont incendié plusieurs institutions catholiques dans la région de Montréal et, en 1924, ils ont mis le feu au Collège de St-Boniface au Manitoba, causant la mort de 10 élèves. Pendant les années 1930, le Canada a aussi connu une montée de l’idéologie nazie qui a favorisé plusieurs attaques contre des institutions juives.

Il y a donc toujours eu au Canada des gens prêts à utiliser la violence pour faire avancer leurs opinions politiques. Là-dessus, nous ne sommes pas mieux que d’autres pays. Aucune personnalité politique n’a cependant capitalisé sur ce ressentiment pour mousser sa carrière. Et c’est tant mieux. Mais ce que Trump démontre, c’est qu’il faut rester vigilant et que si jamais un pareil mégalomane apparaissait sur l’horizon politique, il faudrait le contrer sans relâche.

Lu 2432 fois
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login