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mercredi, 02 mars 2016 06:00

Une reconnaissance plus que méritée

Demain, le jeudi 3 mars, le Théâtre du Nouvel-Ontario recevra un prix Community Builders Award. J’écris ce nom en anglais parce que sa traduction n’existe pas. On aurait pu croire, jusqu’à présent en tout cas, que Sudbury ne se bâtissait qu’en anglais. En célébrant le rôle exceptionnel que tient le TNO dans la vie culturelle de notre ville, les organisateurs célèbrent enfin toute la communauté francophone.

Cette reconnaissance est plus que méritée. Depuis 45 ans, le TNO divertit non seulement les francophones de Sudbury, mais fait rayonner notre créativité partout en Ontario, au Canada et dans le monde. Aucun autre groupe ne réussit autant à répandre la culture d’ici, qu’elle soit anglaise ou française.

Fondé en 1971 par ce qu’un directeur d’école d’Ottawa appelait les « jeunes pouilleux » de Sudbury, le TNO est devenu un phare de la culture canadienne-française. Dès ses débuts avec la pièce Moé j’viens du nord, ‘site, montée par la Troupe universitaire de la Laurentienne dont les membres créeront le TNO, ce nouveau théâtre revendique l’identité franco-ontarienne, une identité teintée de contreculture avec ses longs cheveux, son franc-parler et sa musique. Mais l’aventure est surtout marquée au sceau de la créativité, une créativité débordante, faisant fi des conventions et, surtout, sure d’elle-même.

Sous la direction du grand André Paiement, le TNO enchaine des comédies musicales, La vie et les temps de Médéric Boileau et Lavalléeville qui deviennent des classiques autant du théâtre que de la musique franco-ontarienne. C’est ainsi que le TNO devient le fer de lance de tout un mouvement culturel identitaire qui nous a donné les éditions Prise de parole, le grand spectacle La Nuit sur l’étang, la musique de CANO, la Slague et toute une série d’initiatives culturelles partout ailleurs en province.

Au fil des ans, l’aventure s’est bien sûr assagie et est devenue la culture mainstream franco-ontarienne. Cette ascension au rang des grands s’est faite grâce à des succès comme Le chien de Jean-Marc Dalpé et French Town de Michel Ouellette, tous deux récipiendaires de Prix du Gouverneur général pour ces pièces. Et les distinctions continuent : deux Masques pour meilleures productions franco-canadiennes et finalement le Prix de la Première ministre de l’Ontario pour l’excellence artistique en 2014.

Mais pendant ces 45 ans de succès qui mettent Sudbury «sur la mappe» du monde, ici dans le Sudbury anglophone, le TNO n’est connu que de quelques initiés. Bien sûr, les médias anglais reproduisent les communiqués de presse qui accompagnent les prix décernés au TNO, mais c’est loin de l’engouement médiatique qui accompagne toutes les productions du Sudbury Theatre Centre.

Espérons que la cérémonie de demain, qui reconnait enfin le caractère de bâtisseur du TNO suscitera un nouvel intérêt chez la majorité. Surtout que le TNO innove depuis quelques années en offrant certaines de ces pièces avec surtitres en anglais. Y’a vraiment plus d’excuses.

Lu 2708 fois Dernière modification le mercredi, 02 mars 2016 13:51
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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