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mercredi, 03 février 2016 06:00

On veut des services de santé en français garantis

La semaine dernière, le conseil d’administration du Bureau de santé Porcupine a voté à 9-3 contre une résolution qui aurait garanti les services en français. Dur à comprendre de la part d’un Bureau de santé dont près de la moitié de la clientèle est francophone. Encore plus dur à comprendre quand le conseil d’administration est composé en majorité de francophones.

Cité par Radio-Canada, le président du conseil, Gilles Chartrand, explique cette décision par la difficulté qu’a le Bureau de santé à recruter du personnel médical. Il ajoute que la majorité des employés du Bureau qui desservent le public sont bilingues, sous-entendant par là qu’une telle résolution est inutile.

Ces arguments ne font pas le poids. Prenons d’abord celui du recrutement. M. Chartrand a raison en soulignant la difficulté du recrutement de professionnels francophones dans le nord, mais il me semble que quand on rencontre une difficulté, ça veut juste dire qu’il faut travailler plus fort. J’en sais quelque chose puisque j’ai dû, en tant que gestionnaire et propriétaire d’entreprise, recruter du personnel francophone. Ça se fait, M. Chartrand. Que le conseil et les gestionnaires du bureau se retroussent les manches et s’attèlent à la tâche. De nous servir cet argument m’apparait comme un aveu d’incompétence.

Quant au fait que 60 % du personnel de première ligne est déjà bilingue, ce n’est vraiment pas un argument qui tient la route. Si tel est le cas, il est fort probable que le Bureau de santé Porcupine rencontre déjà les normes de service proposées par la recommandation. Sinon, quel mal y aurait-il à une légère amélioration de service? Serait-ce tellement difficile d’étudier l’offre actuelle de services en français et de la bonifier là où elle est déficiente? Il me semble que l’amélioration du service devrait être un des buts principaux d’un organisme public.

Les arguments du président n’étant pas valables, il faut se demander pourquoi la majorité des administrateurs – dont des francophones – ont voté contre cette résolution. Mon petit doigt me dit que c’est par crainte de faire peur aux Anglais. Certains administrateurs anglophones, dont le maire et le représentant de la Ville de Timmins, se sont vigoureusement opposés à la résolution, disant craindre qu’elle mène à la désignation de postes bilingues. Et des postes officiellement bilingues, voilà la vraie hantise des Anglais.

Ils ne sont pas contre que les services en français soient offerts par la porte arrière, mais dès qu’on parle de les officialiser, ils prennent leurs jambes à leur cou. Et dès qu’ils brandissent leur hantise, nos bons représentants francophones battent en retraite. Voilà la seule explication que je peux trouver à ce vote qui n’a absolument aucun sens dans cette région du nord où les francophones sont proportionnellement si nombreux.

Il faut absolument que les administrateurs du Bureau de santé Porcupine revoient cette décision, y voient l’amélioration plutôt que la crainte et, comme on dit en anglais, « do the right thing »!

Lu 2721 fois Dernière modification le mercredi, 03 février 2016 15:25
Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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