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mercredi, 16 décembre 2015 11:53

L'origine des excuses officielles pour le Règlement 17

Écrit par 
Grand Sudbury — Denis Constantineau est l’auteur de la lettre originale remise à l’ACFO du grand Sudbury et qui a mené le député provincial de Sudbury, Glenn Thibeault, à déposer une résolution demandant des excuses officielles du gouvernement pour le Règlement 17. M. Constantineau a été inspiré par sa mère et la façon dont le règlement l’a affecté, elle et sa famille, tout au long de sa vie.

« Ma mère a passé toute sa vie à s’excuser du fait que son français écrit était pitoyable. Ça m’a toujours dérangé qu’elle soit obligée de faire ça », raconte-t-il. Dans sa lettre, il mentionne que cinq des sept frères et sœurs de sa mère se sont assimilés et perdu leur français. « Dans tous mes cousins et mes cousines, ceux qui parlent encore le français sont minoritaires. La majorité parle anglais et envoi leurs enfants dans les écoles de langue anglaise », précise-t-il.

Selon M. Constantineau, sa mère n’était pas une personne qui suivait la politique, elle n’était pas vraiment au courant du Règlement 17 et que c’était ce qui l’avait mis dans cette situation. Elle aurait tout de même été heureuse de recevoir les excuses du gouvernement.

Il est également heureux du dénouement rapide. « Ça ne devrait pas être une question controversée, puisqu’on ne demande pas de réparation », indique-t-il. « Il ne faut pas aller chercher plus loin que le symbole que ça représente. Ça ne changera pas le monde, ça ne règle pas tous les problèmes de la communauté franco-ontarienne et ce n’est pas ça l’intention ».

M. Constantineau croit également que les effets ont été différents dans le Nord, par rapport à l’Est de l’Ontario. « Une fois que l’enseignante et l’inspecteur de langue anglaise étaient installés, même si le Règlement 17 a été abrogé (1927), le système en place ne permettait pas l’enseignement en français ». Même si sa mère a été à l’école en grande partie après 1927, la seule occasion qu’elle a eue d’apprendre le français était les visites de sa classe chez une dame du village les vendredis après-midis.

Mauvais et bons effets

Selon le professeur agrégé au Département d’histoire de l’Université d’Ottawa et coauteur du livre Le siècle du Règlement 17 : Regards sur une crise scolaire et nationale, Michel Bock, les implications sont difficiles à mesurer.

« Très certainement, il y a au moins une génération d’écolier qui a été privé d’une instruction en français. Lorsqu’on prive une minorité d’une assise importante, pour son développement, c’est sûr que ça ne peut qu’aggraver le problème d’assimilation, de la perte d’influence », explique-t-il.

Par contre, l’historien rappel que le combat des Franco-ontariens a vraiment commencé grâce au Règlement 17. « Le règlement 17 a provoqué une mobilisation tout à fait impressionnante [...] dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. En évaluant tous les aspects du problème, on s’aperçoit que ça a été un coup de fouet qui a contribué à créer une forme de solidarité culturelle et politique ».

Sans avoir parlé avec les initiateurs de la demande, M. Bock s’avance sur les intentions et les impacts que les excuses pourraient avoir. « Je crois que l’objectif est de donner une légitimité symbolique supplémentaire à l’existence même de la collectivité franco-ontarienne. Les excuses ne peuvent pas changer le passé, mais peut-être qu’elles peuvent influencer favorablement les revendications et le développement institutionnel de la collectivité franco-ontarienne ».

Lu 3377 fois Dernière modification le mercredi, 16 décembre 2015 12:00
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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