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mercredi, 16 décembre 2015 08:00

S’excuser auprès des bonnes personnes

Note : Pour bien comprendre cet éditorial, il est préférable d’avoir lu notre entrevue avec l’auteur de la lettre qui a tout déclenchée. Vous pouvez le lire ici.

Mon intention ici est de remettre les choses en perspectives. Après les entrevues qui ont mené à ce deuxième article et après avoir lu quelques textes et commentaires sur le sujet, certains positifs et d’autres négatifs, je crois que c’est devenu nécessaire.

Il y a un peu de dérapage en ce qui concerne la portée et l’intention derrière la demande originale. L’auteur de la lettre adressé à l’ACFO du grand Sudbury, Denis Constantineau, a été pris par surprise, autant que nous tous, par l’annonce du 7 décembre. Il a, en quelque sorte, été victime d’une prise de contrôle des politiciens, qui sont partis avec l’idée et en font maintenant ce qu’ils veulent. L’annonce a été faite un peu maladroitement et c’est probablement pourquoi beaucoup d’intervenants s’en méfient.

Je commence également à comprendre qu’il y a une différence de perception entre le Nord et l’Est. Les francophones de l’Est ontarien semblent avoir moins de mauvais souvenirs du Règlement 17. La population francophone y était plus importante et l’opposition s’y est organisée pour combattre. Dans le Nord, le règlement a été beaucoup plus écrasant pour la minorité francophone. C’est pour ça que la demande devait venir de Nord.

L’intention première de M. Constantineau n’était pas de demander des excuses fourretout, ou de donner encore plus de légitimité au projet d’université franco-ontarienne. Il veut seulement que le gouvernement ontarien reconnaisse l’erreur commise par ses prédécesseurs, avant que les victimes aient toutes disparu. Juste ça. Rien d’autre. Vouloir y voir autre chose ou essayer d’y trouver d’autres utilités est un peu égoïste.

Il faut avant tout considérer à qui s’adresseront plus spécifiquement ces excuses. Il y a évidemment les francophones qui ont eu de la difficulté à conserver leur langue, comme la mère de M. Constantineau. Mais il y a également ceux qui ont perdu le combat.

J’ai été très surpris de lire dans sa lettre que 5 des 7 frères et sœurs de sa mère ont été assimilés à la majorité. C’est 62 % d’une famille qui a perdu sa langue! Ils ont tout aussi droit à ces excuses. Et c’est peut-être pour ça que le député Glenn Thibeault s’est senti interpelé par l’idée. Lui qui a un nom de famille francophone, mais dont la famille a perdu la langue.

Ces excuses pourraient être une bonne occasion d’éduquer nos compatriotes anglophones. Surtout ceux de descendance francophone, comme M. Thibeault. Je ne crois pas que la nouvelle ait fait autant de vague de leur côté, mais ils sont tout aussi concernés, d’une façon ou d’une autre.

Il faudra leur montrer ce qu’était le Règlement 17. Expliquer les impacts négatifs, et les positifs aussi, qu’il a eu sur la communauté franco-ontarienne et ce qu’il a pu faire à leurs propres ancêtres. Nous gagnerons sans doute quelques partisans de plus pour nos projets.

Je ne crois vraiment pas que le gouvernement s’attende à ce qu’on arrête de les harceler s’il s’excuse. Et on ne devrait pas. Ce n’est pas la fin du combat. Ce sont les excuses du grand frère qui a voulu nous forcer à jouer à sa façon et qui, finalement, se rend compte qu’il a eu tort... après avoir grandi. Acceptons-les poliment et continuons la partie.

Lu 2785 fois Dernière modification le jeudi, 17 décembre 2015 09:55
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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