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mercredi, 18 novembre 2015 08:59

Leçons de Paris

Au lendemain des attentats de Paris, les réseaux sociaux se sont enflammés. La plupart des internautes y ont manifesté leur peine, leur désarroi et leur solidarité avec les proches des victimes et avec la France entière. On a aussi vu poindre beaucoup de haine. C’est de ça dont je veux parler.

Après une telle tuerie, il est probablement normal d’en vouloir à ceux qui ont massacré des innocents, mais il faut s’assurer que nous ne transposons pas notre colère à tout un groupe de gens qui n’ont rien à voir avec cette barbarie. Déjà, on a pu voir et entendre certaines personnes s’en prendre à l’Islam et aux Arabes en général. Déjà, plusieurs ont remis en doute les politiques européennes et canadiennes visant à accueillir des milliers de réfugiés provenant du Moyen-Orient. Ces positions sont dangereuses et ne font que jeter de l’huile sur le feu.

Il faut d’abord comprendre qui sont ces fous qui se réclament de Dieu et qui tentent de mettre le monde entier à feu et à sang. D’abord leur chef et soi-disant calife, Abu Bakr al Baghdadi : c’est un homme sans feu ni loi qui a grandi dans une région, le Moyen-Orient, aux prises avec la violence depuis le début du XXe siècle. C’est un bandit qui déforme et utilise une religion afin d’attirer des jeunes sans but et sans avenir dans son projet mégalomane. Dans le fond, ces gens me font pitié. Ce sont des perdus qui vénèrent la mort. Mais ils ne sont qu’une vingtaine de mille combattants. Il ne faut pas croire qu’ils sont représentatifs de la vaste majorité des Arabes et des musulmans.

Il faut aussi comprendre que ces réfugiés que l’on voit depuis des mois déferler sur l’Europe ne sont pas comme ces fous. Au contraire, ces gens sont les victimes de ces sauvages. Il faut vraiment avoir enduré bien des malheurs pour quitter son pays et parcourir des milliers de kilomètres dans des conditions inimaginables afin de trouver paix et bonheur. Contrairement aux perdus de l’État islamique, ces réfugiés sont mus par le goût de vivre, par l’espoir. Il ne faut pas les décevoir.

Bien sûr, des terroristes peuvent se glisser dans leurs rangs dans le but de semer la pagaille en Occident. Mais devons-nous tourner le dos à ces centaines de milliers de personnes en quête d’une meilleure vie parce que nous avons peur de quelques fous? Non. Nous avons, en Europe et en Amérique du Nord, d’immenses moyens qui devraient nous permettre de filtrer la masse de gens qui veut s’établir chez-nous. Au Canada, nous sommes particulièrement chanceux puisque nous seront la deuxième destination de ces réfugiés. L’Europe a été prise au dépourvu par le nombre d’arrivants. Ici, nous avons la chance de pouvoir choisir et filtrer nos nouveaux concitoyens. Faisons-le bien et vite, mais donnons une chance à ces pauvres déshérités de la terre.

Au lendemain des attentats de Paris, le Premier ministre Trudeau a réitéré sa promesse d’admettre 25 000 réfugiés syriens au Canada. Nous ne pouvons qu’admirer son courage et sa droiture face à l’adversité.

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Réjean Grenier

Éditorialiste

Sudbury

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