FacebookTwitter
mardi, 10 novembre 2015 09:00

400e : bilan optimiste

On dirait qu’il s’est passé quelque chose en Ontario cette année. Pour vous dire la vérité, je n’y croyais pas particulièrement — j’avais l’impression qu’en cette année du 400e anniversaire de présence française en Ontario, un chapelet de petites festivités aurait lieu et que le résultat serait plutôt décousu.

J’avais oublié une pièce maitresse, même si elle est ancrée dans mon quotidien : les médias sociaux.

Le 400e anniversaire de présence française s’est terminé avec un grand bang, soit la présentation de la mouture 400e de L’écho d’un peuple le 24 octobre à Toronto. On a vu circuler, dans les médias sociaux, les unes de journaux avec de bonnes grosses photos du tableau «Pure laine, de souche et d’ici» et le medley — le potpourri, pour les puristes — des succès de la chanson franco-ontarienne.

La même fin de semaine, l’illustrateur Marc Keelan-Bishop dévoilait une série d’affiches, intitulée 400 ans de rebelles franco-ontariens, qui renouvèle le discours identitaire : pour être Franco-Ontarien, il faut avoir un esprit d’insubordination, refuser de se conformer, donc de s’angliciser sans broncher. Rafraichissant! Et pour que le message atteigne un maximum de personnes, Keelan-Bishop a diffusé, une semaine plus tard, son projet en version anglaise.

Puis, deux fins de semaine après ces évènements médiatisés, il y en a eu un autre, plus discret : le rendez-vous de fondation du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, avec un plan stratégique défini, avec devoirs et résultats à court terme, qui a fouetté les participants du Nord ontarien.

Avouez que ça clôt bien les festivités : on a parlé de racines et tout à coup, grâce à ce Réseau nord-américain, on se tourne vers le monde, devenant une pièce importante du puzzle francophone d’Amérique. Pour reprendre les paroles de Stéphane Gauthier, du Carrefour francophone de Sudbury, ce rendez-vous a fait éclater les frontières.

Et le 400e a, à mon humble avis, contribué à faire éclater l’homogénéité de la francophonie ontarienne qui parfois persiste à mettre en avant-plan le discours qui oppose les Franco-Ontariens à une majorité plutôt que de les définir comme maitres de leur destin, à faire éclater des frontières régionales qui les servent parfois mal.

Vous me direz peut-être que c’est une histoire de synchronisme réussi, que c’est cyclique, que l’Ontario français a des leaders depuis longtemps, que ces questions ont déjà fait surface. Que la prise de parole franco-ontarienne a eu lieu dans les années 1970.

Peut-être. Mais depuis l’Ordre de Jacques-Cartier et l’époque de la contreculture, le monde a changé. Le multiculturalisme chez les francophones s’est concrétisé, l’histoire franco-ontarienne a fait son entrée dans les écoles (plus simplement, on a obtenu des écoles), les francophonies d’Amérique ont assis leur identité propre et commune... et les médias sociaux sont apparus.

Au cours de ce 400e, on s’est fait rappeler que notre francophonie occupe une place dans l’histoire, de la Nouvelle-France à l’Amérique du Nord d’aujourd’hui, et ce, par des évènements ponctuels locaux ou régionaux, mais aussi au quotidien sur notre mur Facebook ou dans notre fil Twitter.

Les impressions se dilueront surement, au fil du temps. Mais j’ai souvenir encore des célébrations du 350e anniversaire du passage de Jacques Cartier à Montréal. Des évènements du 400e auront vraisemblablement frappé des imaginaires. En plus, aux festivités survivront un parc en Huronie, un musée virtuel, des affiches, une présence accrue dans les médias sociaux par des organisations communautaires, d’anciens rebelles, des francophones fiers.

Il reste un défi à relever et, pour ça, il faut s’inspirer de la 8e affiche de la série 400 ans de rebelles franco-ontariens et appeler ceux qui, parmi nous, se conforment à l’anglophonie ambiante. Ceux qui n’ont pas eu l’idée de demander des services en français, de régler ordinateurs et appareils mobiles en français, de surfer en français quand c’est possible. Et qui n’ont probablement pas été témoins de l’ensemble des activités du 400e. Mais je suis optimiste. Et vous?

Lu 2205 fois
Andréanne Joly

Correspondante

Kapuskasing

andreanne.joly@levoyageur.ca

Actualité du Nord

  • Deux anciens maires s’affrontent à Markstay-Warren
    Deux anciens maires s’affrontent à Markstay-Warren Markstay-Warren — Les électeurs de Markstay-Warren devront choisir entre deux candidats expérimentés le mois prochain pour choisir leur nouveau maire. Le maire sortant, Steve Salonin, veut privilégier la remise à neuf de plusieurs infrastructures routières de sa communauté tandis que…
    Ecrit le jeudi, 13 septembre 2018 16:16
  • Quand la maladie devient le centre d’une vie
    Quand la maladie devient le centre d’une vie Sudbury — Même si l’objectif a été atteint dans la campagne GoFundMe à son nom, Véronique Charbonneau n’en est pas à la fin de son combat contre la douleur chronique. Nous avons eu la chance de la contacter lors d’une…
    Ecrit le mercredi, 12 septembre 2018 13:00
  • Élections municipales à Mattawan et Papineau-Cameron
    Élections municipales à Mattawan et Papineau-Cameron Papineau-Cameron — Le maire du Canton de Papineau-Cameron, Robert Corriveau, tentera de convaincre les électeurs de lui confier un huitième et dernier mandat à la tête de cette communauté à la porte d’entrée du Nord de l’Ontario. Une seule autre…
    Ecrit le jeudi, 06 septembre 2018 18:31
  • Créer son emploi d’été
    Créer son emploi d’été Sudbury — Quatre jeunes francophones ont reçu l’aide du Centre régional des affaires (CRA) de Sudbury afin de démarrer et exploiter une petite entreprise au cours de l’été par l’entremise du programme Entreprise d’été de l’Ontario. Chacun a reçu une…
    Ecrit le jeudi, 06 septembre 2018 15:19
  • Changement de nom et dévoilement de la programmation du festival du conte de Sudbury
    Changement de nom et dévoilement de la programmation du festival du conte de Sudbury Sudbury — La deuxième édition du festival de contes de Sudbury portera un nouveau nom inspiré par le titre de la collection de livres publiée par le père Germain Lemieux : le festival Les Vieux m’ont conté. Du 9 au 14 octobre,…
    Ecrit le mercredi, 05 septembre 2018 14:00
  • Une rentrée incertaine à l’Université de Sudbury?
    Une rentrée incertaine à l’Université de Sudbury? Sudbury — Les négociations entre l’Université de Sudbury et l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) sont arrêtées depuis le mois de juillet. Le syndicat rapporte que des progrès importants avaient été réalisés avant l’ajournement pour le mois…
    Ecrit le vendredi, 31 août 2018 12:35
  • Deux visions opposées pour l’avenir de Temiskaming Shores
    Deux visions opposées pour l’avenir de Temiskaming Shores Temiskaming Shores — Le bulletin de vote pour déterminer le prochain maire de Temiskaming Shores aura seulement deux candidats. Les électeurs devront choisir entre Carman Kidd, le maire sortant, et Mike Woods,un résident de longue date, pour diriger cette ville nord-ontarienne au…
    Ecrit le jeudi, 30 août 2018 15:19

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login