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mardi, 27 octobre 2015 14:26

Le gras versus le sucre : une fausse conception

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Si je vous demandais d’éliminer complètement le gras ou le sucre de votre alimentation, lequel choisiriez-vous? Lequel nuit le plus à votre santé? Lequel entraine le plus un surplus de poids?

Pendant longtemps, les gens ont cru que les aliments contenant des matières grasses leur apportaient forcément plus de matière grasse. Cependant, cette idée ne peut être plus inexacte, car le corps a besoin de bonnes sources de matières grasses afin d’assurer son bon fonctionnement. Inutile de préciser qu’il faut tout de même faire attention : pas toutes les matières grasses sont bénéfiques!

Diététiste professionnelle à Horizon Santé Nord, Jasmine Coulombe en connait long sur le sujet. « Dans les années 1980 et 1990, c’était la mode de choisir des aliments faibles ou sans gras. Les gens pensaient que s’il n’y avait pas de gras, ils ne gagneraient pas de poids. Mais en fait, c’est le nombre de calories totales de l’aliment qui, s’il y a excès, mène à un gain de poids à la longue », explique l’experte.

Mais qui est responsable? Les grandes entreprises de transformation alimentaire ont très bien joué leur rôle afin de faire fructifier leurs produits, mais surtout leurs profits. Dans ces situations, grand nombre de consommateurs se font accrocher par les petites phrases magiques imprimées sur l’emballage : « sans gras trans », « faible en gras », etc. Ce que les gens devraient plutôt faire, c’est de s’éloigner des produits transformés et opter pour des aliments frais, le plus près de leur état naturel.

Un engrais à maladies

De plus, les aliments transformés, identifiés comme faibles en gras, ont souvent une haute teneur en sucre, ou ont d’autres composantes qui sont métabolisées en sucre une fois consommées. « Le sucre est caché dans les aliments sous forme de glucose, fructose, lactose, miel, sirop, etc. Donc, le fait de lire la liste d’ingrédients sur un aliment nous dit si cet aliment en contient» stipule Mme Coulombe. La cause principale d’un excès de poids et des maladies chroniques est précisément la consommation d’un niveau trop élevé de sucre, spécialement le fructose, et non pas les bonnes matières grasses. « Les études démontrent qu’un excès de sucre peut mener à diverses maladies, dont le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le cancer », avance la diététicienne.

« Si le phénomène “faible en gras” avait plutôt été remplacé par “faible en sucre”, nous aurions considérablement beaucoup moins de maladies chroniques » révèle Dr Mercola, auteur de l’article 10 Lies and Misconceptions Spread By Mainstream Nutrition.

Faisons le plein des conceptions erronées

Une autre tendance populaire : les édulcorants artificiels aident à la perte de poids. Encore une fois, il faut présenter les faits comme ils se doivent. Les diabétiques se tournent souvent vers ces options, mais ils sont en fait pires que le sucre lui-même puisqu’une consommation sucrée vidée de ses calories augmenterait l’appétit. « [Les édulcorants artificiels] envoient un signal de “calories à venir” au cerveau. Celui-ci s’attend en retour à une forme de rassasiement, faute de quoi on mange davantage et on prend du poids », illustre Simone Lemieux, Ph. D, chercheuse en nutrition et aliments fonctionnels à l’Université Laval.

Grand nombre d’édulcorants artificiels sont aussi néfastes pour la santé : mieux vaut les éviter. L’aspartame, par exemple, est très dangereux pour le cerveau, spécialement pour ce qui a trait à la régulation des neurotransmetteurs.

Démystifier les gras

C’est indéniable, notre corps a besoin de recevoir un apport régulier d’acides gras afin d’absorber certaines substances nutritives et vitamines, de protéger les os et les organes et pour fournir de l’énergie au corps. Cependant, il faut savoir bien identifier ces sources de gras afin de savoir si elles sont bénéfiques ou si elles risquent de développer les problèmes.

Les gras non saturés mono-insaturés et polyinsaturés sont du bon côté de la médaille : ils aident à diminuer les risques de maladies du cœur. On les retrouve dans les huiles végétales, comme l’huile d’olive. Les oméga-3 (un type de gras polyinsaturé) se retrouvent dans les poissons (saumon, thon, sardines) et certaines noix, dont les noix de Grenoble, le soja et les graines de lin.



Quant aux acides gras saturés et trans, ils occupent le revers de cette médaille. « Une surconsommation de ces mauvais gras augmente le taux de mauvais cholestérol dans le sang, cholestérol qui peut altérer les parois des vaisseaux sanguins en se logeant sur celles-ci », écrit Catherine Gendreau, rédactrice pour Canal Vie. En plus d’augmenter le mauvais cholestérol, les gras trans sont nocifs pour la santé cardiovasculaire puisqu’ils diminuent le taux de bon cholestérol sanguin.

Les gras trans se retrouvent dans certaines viandes, dont le bœuf, le veau, le mouton, la chèvre, le bison et le chevreuil. Ils se retrouvent également dans le lait et les autres produits laitiers. « Il est donc mieux de réduire notre consommation de viande rouge et de charcuteries et de privilégier une alimentation avec des acides gras insaturés (noix, huile d’olive) et omégas-3 », suggère Mme Coulombe.

Cependant, « le principal apport en gras trans est la consommation de produits industriels à base d’huile hydrogénée, comme le shortening, les gâteaux préparés, les poudings préparés pour les collations, les viennoiseries (le pain de pâtisserie), les pâtes feuilletées, les aliments frits ou panés, etc. », élabore Mme Gendreau. « Ce mauvais gras est surtout utilisé pour ses propriétés de conservation des aliments et il donne également davantage de saveur et de texture à certains produits alimentaires. Les gras trans sont notamment responsables de la texture onctueuse et fondante des pâtisseries du commerce », dévoile-t-elle.



Les gras saturés se retrouvent dans les graisses d’origine animale, dont les viandes grasses, le beurre, le fromage et la crème glacée. Les huiles de coco et de palme en contiennent également. Garde à vous fanatiques de Nutella : ce produit est principalement constitué d’huile de palme (et de sucre)!

Quelques recommandations

Mme Gendreau conseil de remplacer les corps gras, comme le shortening, le saindoux, le beurre et les huiles contenant des acides gras trans et saturés, par des huiles à forte teneur en gras mono-insaturé, comme l’huile d’olive. « Choisissez ces huiles de première pression à froid, elles sont reconnues pour être particulièrement efficaces pour prévenir les maladies cardiovasculaires », divulgue-t-elle.

Il est aussi important de cuisiner nous-mêmes la nourriture que nous consommons et de faire ses propres gâteaux et collations s’il le faut. De cette façon, on connait exactement leur contenu et on sait que l’huile partiellement hydrogénée produite en laboratoire ne s’y retrouve pas.



L’huile partiellement hydrogénée : on encaisse!

Pourquoi même vouloir fabriquer de l’huile partiellement hydrogénée? Pour que les grandes entreprises de production alimentaire puissent faire des économies d’échelle. Cette huile est une version beaucoup moins dispendieuse à fabriquer et remplace le beurre dans les produits emballés. De plus elle augmente la durée de conservation des aliments.

En tout et pour tout, mieux vaut se procurer des matières grasses sures, entières et le moins modifié possible : poissons, avocats, les noix (cajou, pacanes, amandes, arachides) et les graines, ainsi que les huiles végétales (olive, arachide, carthame, sésame). Elles jouent un rôle que leurs acolytes trans et saturés ne peuvent aussi bien tenir. « En incluant des bons gras à un repas, on se sent plus rassasiés par après puisque les gras et les protéines prennent plus de temps à digérer, donc on est tenté de manger moins souvent », déclare Mme Coulombe.

Sources :

www.protegez-vous.ca/sante

www.newmediaexplorer.org/sepp/aspartamebrain.pdf

www.canalvie.com/sante-beaute/nutrition/

articles.mercola.com

axsv-lampfs.syr.edu/foodservices/

Lu 3621 fois Dernière modification le mercredi, 28 octobre 2015 11:52
Priscilla Pilon

Journaliste

Sudbury

705-673-3377, poste 6212

priscilla.pilon@levoyageur.ca