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mercredi, 09 septembre 2015 16:48

Ma voiture n’est enfin plus une ressource

Nos voisins Québécois font beaucoup de bruit depuis quelques années au sujet de leur frais de scolarité «élevés». De ce côté-ci de la frontière, il es difficile de ne pas les regarder en disant «Vous vous plaignez le ventre plein». L’Ontario a depuis longtemps les frais de scolarité parmi les plus élevés au pays et la vie peut être difficile pour les étudiants. Heureusement, quelques nouvelles mesures pleines de gros bon sens seront appliquées au Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) cette année.

Premièrement, entendons-nous pour dire que l’aide financière aux étudiants reste insuffisante. Un étudiant sans bourse et qui doit quitter la maison pour étudier ne peut pas vivre seulement de l’argent que lui donne le RAFEO. D’autant plus qu’une grande partie de ce montant couvre seulement les frais de scolarité, si élevés en Ontario. Ils n’ont pas encore payé leur toit et leur KD.

L’endettement étudiant continue d’augmenter et plusieurs doivent se tourner vers les banques pour aller chercher les fonds qui leur manquent.

Le RAFEO fait donc un pas dans la bonne direction en indexant le montant de prêt maximal au cout de la vie. En plus d’être augmenté cette année, il augmentera désormais chaque année. Sauf que les universités n’indexent pas le cout d’inscription au cout de la vie. D’année en année, les frais de scolarité peuvent facilement augmenter de 5 % pour cer- tains programmes.

Mais les changements qui me font dire «enfin!» concernent surtout le calcul de base.

Ma femme est retournée aux études il y a quelques années et je me rappelle très bien de la première fois qu’elle m’a parlé des exigences du RAFEO. Je me souviens m’être exclamé : «C’est totalement ridicule!».

Vous voyez, le RAFEO considérait que notre voiture, nos comptes de banque et nos épargnes étaient des «ressources». Donc, d’après leur raisonnement, on devait vendre notre voiture et dilapider nos REER pour payer les études de ma conjointe.

C’était la voiture qui me lais- sait le plus perplexe. J’admets qu’avec deux enfants, ma femme est une étudiante hors normes, mais comment aurions-nous pu fonctionner sans voiture! Que peuvent faire les étudiants qui doivent avoir une voiture en raison d’un handicap ou du simple fait de devoir aller travailler la nuit à l’autre bout de la ville pour payer leur biè... résidence?

L’emplacement de l’Université Laurentienne à Sudbury a beau être idyllique, il ne facilite pas les déplacements sans essence.

Je comprends un peu plus pour les épargnes et, à la limite, les REER. Si on accumule de l’argent, c’est pour pouvoir se payer du luxe. Et avec ce que ça coute, les études sont en voie de devenir un ser vice luxueux en Ontario.

De toute façon, De toute façon, quel étudiant normal possède des actions en bourse et des REER? Comme je le disais, elle ne cadrait pas dans le moule de l’étudiant type.

Bref, à partir de cette année, plus besoin de compter la voiture ou les épargnes (jusqu’à 3000 $ seulement par contre). Et plus besoin d’évaluer combien à peu près vous pensez pouvoir grosso modo contribuer à vos frais de scolarité. Le RAFEO dit que tout le monde peut et doit fournir 3000 $ de sa poche pour avoir le droit d’étudier.

C’est un peu un cadeau empoisonné. Ça semble un montant raisonnable, facilement récoltable avec un emploi d’été. Mais encore là, il y a des étudiants qui ne peuvent même pas envisager d’avoir un tel montant d’argent à fournir. On semble encore oublier une minorité. Ha! Je viens de me rendre compte que le gouvernement veut forcer les étudiants à travailler pendant l’année scolaire. Voici une retranscription d’une partie de leur communiqué :

«Les contributions des étudiants seront désormais fixées à 3 000 $. Les étudiants pourront réunir les fonds nécessaires en puisant dans leur revenu d’été ou leurs économies, ou encore en exerçant un emploi à temps partiel pendant l’année scolaire.»

Travaillez bande de paresseux! Seulement 15 heures de cours, 30 heures d’études et 14 heures de stages, ce n’est pas assez dans une semaine; ajoutez 20 heures au Tim Hortons.

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Julien Cayouette

Directeur de l'information

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