FacebookTwitter
mercredi, 18 septembre 2013 00:00

Économie et élections

Tout le monde s’entend pour prédire qu’il y aura des élections en Ontario d’ici six à dix mois et tous les sondages indiquent que la préoccupation première des Ontariens demeure l’économie et la création d’emplois. La question qui se pose est donc celle-ci : lequel des trois principaux partis politiques, libéral, conservateur et néo-démocrate, saura le mieux se positionner sur cette question afin de courtiser le vote populaire? Normalement, les libéraux étant au pouvoir, ils devraient détenir la plus grande marge de manœuvre politique. Après tout, c’est le gouvernement qui propose les politiques économiques de la province. Mais le statut minoritaire du gouvernement de Kathleen Wynne ne lui donne pas grand jeu. De plus, elle n’a plus beaucoup de dépenses gouvernementales à réduire sans couper les services aux contribuables et sans affronter les tout puissants syndicats. Comme on l’a vu dans le budget du printemps, Mme Wynne doit obtenir l’appui d’un des partis d’opposition pour faire adopter quoi que soit. En mai dernier, la première ministre a su faire preuve de ses talents de négociatrice en incluant dans son plan budgétaire certaines politiques chères aux Nouveau Parti démocratique, notamment un programme de création d’emplois pour les jeunes et une réduction des primes d’assurance automobile, assurant ainsi l’adoption du budget. Mais après un été assez plat sur le plan politique, les libéraux devront démontrer un peu plus de créativité pour remettre la province sur les rails. Ils en auront l’occasion en novembre prochain lors de la présentation de leur énoncé économique. Mais déjà, il y a de la chicane dans la cabane. Enfin, pas une vraie chicane, disons plutôt des différences d’opinions. Tout ça est pourtant ressorti avec l’annonce d’une bonne nouvelle la semaine dernière, soit que le déficit de la province est de 9,2 milliards $, un peu moins élevé que prévu. Cette nouvelle a poussé certains libéraux à vouloir dépenser un peu plus. Selon eux, la province devrait investir afin de stimuler l’économie et de créer des emplois. Il est difficile de ne pas voir ici une manœuvre électoraliste, mais que voulez-vous : ce sont des politiciens. D’autres, dont la première ministre Wynne et le ministre des Finances Charles Sousa, préconisent plutôt la ligne du parti, soit l’élimination du déficit d’ici 2017-2018. Vous avez certainement remarqué que ces deux tendances se rapprochent des positions des deux partis d’opposition. Les néo-démocrates voudraient dépenser plus pour relancer l’économie alors que les conservateurs n’ont que le mantra de la réduction du déficit à la bouche. Voici donc mes prédictions pour l’énoncé économique de novembre prochain : un gouvernement de funambules sur la corde raide entre les deux options, un énoncé entre l’arbre et l’écorce, un peu de dépenses que le gouvernement qualifiera d’investissements devant allumer les moteurs de l’économie et un peu de restrictions afin d’atteindre l’objectif du déficit zéro. Tout ça les doigts croisés, espérant qu’une reprise économique — peu probable — viendra renflouer les coffres. Maintenant, la grande question : est-ce que ce sera assez pour allumer la ferveur des électeurs ? J’en doute. Nous voterons encore pour le parti qui, selon nous, fera le moins de tort, pas pour celui qui fera le plus de bien.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1733 fois Dernière modification le lundi, 23 septembre 2013 10:56
La voix du Nord

info@lavoixdunord.ca

Actualité du Nord

RokStories

Éditorial de la semaine

Calendrier du Nord

Twitter

Member Login