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mercredi, 31 juillet 2013 00:00

Des élections baromètres demain

Les résidents de cinq circonscriptions ontariennes iront aux urnes demain (le jeudi 1er août) et leur vote nous donnera une indication de ce que pourrait être l’avenir des partis politiques à Queen’s Park. Les libéraux ayant présentement 48 sièges, les conservateurs 36 et les néo-démocrates 18, ces élections partielles ne peuvent défaire le gouvernement de Kathleen Wynne. Les résultats sont cependant cruciaux pour les trois partis. Ces cinq circonscriptions — Etobicoke-Lakeshore, London West, Ottawa South, Scarborough-Guilwood et Windsor-Tecumseh — étaient libérales jusqu’à récemment, mais les sondages de la semaine dernière donnaient les libéraux ne gagnant que dans Scarborough. Toujours selon ces sondages, les conservateurs mèneraient largement dans Etobicoke et Ottawa, et de justesse dans London alors que les néo-démocrates détiendraient une forte avance à Windsor. Si les prévisions des sondages deviennent réalité, ces résultats auront une forte influence sur les chefs des trois partis. Pour la première ministre Wynne, ils seraient désastreux. Mme Wynne doit absolument gagner au moins trois des cinq circonscriptions pour démontrer qu’elle a regagné la faveur des électeurs à la suite des chiffres à la baisse enregistrés par les libéraux lors de la sortie disgracieuse de Dalton McGuinty. Depuis son accession au poste de première ministre, elle a connu une remontée dans les sondages provinciaux, mais la perte de quatre circonscriptions marquerait la fin de sa lune de miel avec les Ontariens. Et cela n’augurerait rien de bon pour d’éminentes élections générales. Quant au chef conservateur, Tim Hudak, c’est son avenir qui est en jeu. Son leadership suscite la grogne au sein de son parti et des victoires dans trois circonscriptions calmeraient le jeu. Il pourrait aussi gagner un député de poids en faisant élire le maire adjoint de Toronto, Doug Holyday, que les sondages placent loin en tête. Plusieurs voient déjà M. Holyday ministre dans un éventuel gouvernement conservateur. Advenant une défaite cuisante des conservateurs demain, certains parlent même de lui comme remplaçant de M. Hudak à la tête du Parti conservateur ontarien. Pour la chef néo-démocrate, Andrea Horvath, l’enjeu est moins important. Les analystes et même son parti n’ont pas pour elle les mêmes attentes que pour les deux autres chefs. Une victoire de son candidat-vedette, l’ex-journaliste et conseiller municipal Percy Hatfield, dans la circonscription de Windsor-Tecumseh, serait déjà une belle amélioration. Sans compter que plusieurs voient déjà ce dernier comme une étoile montante au sein du parti. Un autre effet lié à ces élections partielles sera de démontrer la capacité organisationnelle des trois partis. Lors d’élections partielles, une des plus grandes tâches des organisateurs politiques est de «faire sortir le vote», surtout en été. Les électeurs sont en vacances, au chalet ou à la plage et la politique est souvent la dernière chose à laquelle ils pensent. Les élections partielles de demain deviennent donc une espèce de répétition pour des élections générales qu’on prédit à l’automne ou au printemps prochain. Donc, bientôt. À court terme, les élections du 1er août ne changeront donc pas grand-chose à la vie des Ontariens, mais elles pourraient très bien avoir un impact à moyen terme sur la politique de la province. Les résultats seront connus jeudi soir.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1837 fois Dernière modification le lundi, 23 septembre 2013 10:54
La voix du Nord

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