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mercredi, 07 août 2013 00:00

Nos foyers et nos droits

Tous les spécialistes des communications vous le diront : en émettant un communiqué de presse pendant l’été, votre message risque de passer inaperçu. C’est ce qui est arrivé à une nouvelle pourtant très importante parue au début du mois dernier. Dans son communiqué, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) annonçait qu’elle reprenait le flambeau d’Opération Constitution, un organisme voué à l’enchâssement des droits des Franco-Ontariens dans la Constitution canadienne. Ce n’est pourtant pas rien. Par souci de transparence, je dois vous dire que je siège au conseil d’administration de l’AFO. Remarquez que, dans ce dossier, mon appartenance au conseil de l’AFO ne me rend pas plus subjectif. Ceux qui me connaissent savent bien que j’ai toujours défendu l’idée d’une province, d’une ville bilingue. D’abord, un peu de background. Opération Constitution a été créée en 1999 afin de promouvoir l’inclusion des droits des Franco-Ontariens dans la Constitution de 1982, un peu comme les Acadiens du Nouveau-Brunswick l’avaient obtenu en 1993. Opération Constitution a fait des tournées à travers la province afin de sonder les opinions et de susciter l’intérêt des Canadiens français de l’Ontario. Elle a ainsi recueilli des avis juridiques, des ébauches de stratégies politiques, une liste de gens intéressés à appuyer le projet et quelques sous. Ce sont tous ces documents — et les quelques sous restants — qu’Opération Constitution vient de remettre à l’AFO. Pour sa part, l’assemblée générale de l’AFO de 2012 avait déjà adopté une résolution visant à reprendre ces démarches. Je peux vous dire que le conseil d’administration de l’AFO a aussi voté à l’unanimité une résolution faisant de ce dossier une priorité. Évidemment, une telle démarche politique soulève plusieurs questions. Elle requiert une réflexion approfondie ainsi qu’une solide stratégie. Voilà où en est l’AFO. L’enchâssement constitutionnel nécessite l’approbation des gouvernements de l’Ontario et du Canada. Ce n’est pas une mince tâche. La première question est de savoir ce que la communauté franco-ontarienne doit demander, ce qui serait acceptable pour les gouvernements et la communauté. Autrement dit, jusqu’où pouvons-nous pousser? Le minimum serait de demander aux gouvernements de garantir constitutionnellement les droits déjà inclus dans la Loi sur les services en français de l’Ontario. Cela ne nous donnerait pas plus de droits, mais garantirait qu’un éventuel nouveau gouvernement ontarien ne pourrait abroger ces droits par une simple majorité à la législature provinciale. Le maximum serait de rendre l’Ontario officiellement bilingue, comme l’est le Nouveau-Brunswick. Entre ces deux alternatives, on pourrait peut-être trouver toute une gamme d’accommodements qui feraient l’affaire de toutes les parties. Cette question — que demanderons-nous? — est d’une grande importance puisque la requête qui sera présentée aux gouvernements doit être acceptée, et ce, même s’il faut tordre quelques bras. Ce genre de démarche est l’affaire d’une génération et ne pourra être répété avant plusieurs années. Il en va donc de l’avenir de nos enfants. Pour votre part, qu’en pensez-vous? Qu’êtes-vous prêt à faire?

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1419 fois Dernière modification le lundi, 23 septembre 2013 10:52
La voix du Nord

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