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mercredi, 04 septembre 2013 00:00

Encore des élections

Ça sentait les élections vendredi dernier alors que la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, faisait une tournée dans le Nord. Tous les analystes et même les politiciens s’entendent pour dire qu’il y aura probablement des élections provinciales au printemps prochain. Mais certains commencent à dire que les libéraux ne passeront pas le test d’un discours du trône cet automne et que nous irons aux urnes avant Noël. Mme Wynne essaie donc de reconnecter avec les Ontariens, d’où ce voyage dans le Nord de la province. La première ministre n’avait pas grand-chose à annoncer et elle n’a pas réussi non plus à vraiment connecter avec les électeurs. À part une rencontre de quelques heures avec les fervents libéraux de Nickel Belt, Mme Wynne a surtout visité les dirigeants de quelques institutions et des commerces, et jasé avec des journalistes. Peut-être croit-elle qu’elle rencontre la population en passant par les médias. Mais soyons honnêtes : les médias restent un filtre et ce n’est pas comme de discuter directement avec les électeurs afin de connaître leurs préoccupations. Mme Wynne a pourtant bien besoin de charmer les électeurs. Depuis son élection à la tête du Parti libéral de l’Ontario et son accession automatique au poste de premier ministre, elle et son parti ont remonté la côte et se retrouvent en tête dans les sondages. Mais nous savons tous que les sondages, ça ne vaut que ce que ça vaut. Le vent tourne vite en politique. Or, depuis le début de l’été, le gouvernement Wynne semble au point mort. Après de brillantes manœuvres politiques pour faire adopter son budget, on dirait que l’équipe Wynne est en vacances. Bien sûr, c’était l’été, le temps des vacances, mais les libéraux ont vraiment besoin de frapper l’imaginaire des Ontariens avec des politiques innovatrices et audacieuses. Sinon, ils resteront pris dans le piège de l’annulation des centrales électriques des dernières élections. Mais si on se fie à la visite de Mme Wynne dans le Nord, ils ne présentent que des lieux communs : emplois, appui aux petites entreprises... Ici, je cherche d’autres choses dans le discours libéral et je ne trouve rien. C’est tout dire. Pourtant le Nord ontarien regorge d’occasions électoralistes. C’était le temps pour Mme Wynne de dire quelque chose de concret au sujet du Cercle de feu. Elle aurait pu par exemple présenter de nouvelles initiatives en termes d’infrastructure dans le Nord. Soyons audacieux! Elle aurait même pu annoncer que son gouvernement étudie la possibilité de partager avec les municipalités les redevances liées à l’exploitation de nos richesses naturelles. Mais non, rien, niet, nada! Les partis d’opposition ont d’ailleurs sauté sur l’occasion pour dire que la première ministre ne connaît pas le Nord et qu’elle est surtout préoccupée par les enjeux électoraux du Sud. Remarquez que c’est un peu normal, puisque c’est là que les élections se gagnent ou se perdent. Somme toute, on peut dire que ce n’est pas un voyage comme nous en avons connu un la semaine dernière qui fera remonter la cote d’amour de Mme Wynne auprès des Ontariens. La seule chose qui joue présentement en faveur des libéraux, c’est que les électeurs semblent aimer les autres partis encore moins.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1293 fois Dernière modification le vendredi, 20 septembre 2013 10:28
La voix du Nord

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