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mercredi, 11 septembre 2013 00:00

De l’architecture et des mines

Deux sujets ont retenu mon attention cette semaine. Le premier : l’ouverture à Sudbury de l’École d’architecture de l’Université Laurentienne, qui a fait couler beaucoup d’encre. Le second : la rencontre des dirigeants des plus grandes compagnies minières du monde au Vatican, qui est presque passée inaperçue. D’abord, l’école d’architecture. Ça fait quelques années qu’on en parle et voilà que ça porte fruit. Cette nouvelle institution est la première école d’architecture dans le Nord, la seule école d’architecture bilingue au Canada et une des seules à se spécialiser en architecture nordique. En voilà de la nouveauté! Les bienfaits d’une telle école ont déjà été expliqués en long et en large : revitalisation et création d’emplois au centre-ville de Sudbury, et enseignement en français enfin accessible aux étudiants francophones intéressés par l’architecture. J’aimerais cependant me pencher aujourd’hui sur ce qui m’apparait comme l’aspect le plus important de cette école, soit l’architecture et le design nordiques. Au Canada, nous avons, depuis des années, développé des manières de construire qui tiennent compte de notre climat : des fondations construites sous le niveau du gel, de l’isolation dans les murs et les toitures, le chauffage central, des matériaux qui ne «pètent pas au frette» à -40 0C, etc. C’est cette expertise que la nouvelle école peut améliorer. Avec les changements climatiques qu’on nous prédit, il faudra peut-être trouver des matériaux encore mieux adaptés aux températures instables. Espérons que les professeurs et les étudiants de cette école pourront travailler avec d’autres départements de la Laurentienne et avec nos autres institutions postsecondaires du Nord afin de découvrir les matériaux de l’avenir, de les intégrer dans leur design et de les vendre partout dans le monde nordique. Voilà l’avenir! Félicitations à la Laurentienne et à tous ceux qui ont contribué, et qui continuent à travailler à ce beau projet. Maintenant, l’avenir de l’industrie minière telle que vue par le Vatican. Samedi dernier, les dirigeants de certaines grandes compagnies minières — Anglo American, Rio Tinto, Newmont Mining, Anglogold Ashanti, etc. — se sont rencontrés au Vatican sous l’égide du Conseil pontifical pour la justice et la paix. Ils n’ont pas discuté du prix des métaux, de leurs plans d’exploration, de fusions possibles ou de l’avenir financier de leurs entreprises. Non, non. Ils ont plutôt tenté de rendre leur industrie plus humaine. Ils ont parlé d’inclure l’environnement ainsi que leurs employés et leurs communautés dans leur planification et leurs méthodes d’exploitation. Ça, c’est de la nouvelle... même si un seul journaliste, Eric Regully, du Globe and Mail, a couvert l’évènement. Plusieurs minières — certaines canadiennes — ont récemment fait les manchettes pour leur façon de procéder dans des pays en voie de développement. On pense au Pérou, à la Roumanie, au Congo et surtout à l’Afrique du Sud, où des centaines de grévistes ont été tués par des policiers. Mais voilà que des gestionnaires ont compris que le rendement aux actionnaires n’est pas tout ce qui définit une entreprise. Ils réalisent que les actionnaires eux-mêmes n’aiment pas que les compagnies dans lesquelles ils investissent soient mêlées à des manifestations, à des dégâts environnementaux, à des meurtres. Et ils entreprennent un dialogue afin d’assainir leur travail. On ne peut que les féliciter et se réjouir de l’initiative du Vatican.

Réjean Grenier, éditorialiste invité

Lu 1262 fois Dernière modification le vendredi, 20 septembre 2013 10:26
La voix du Nord

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