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mardi, 21 juillet 2015 16:10

Quand votre bonheur en dépend

Le festival des algues bleues a lancé son édition 2015 la semaine dernière. Il y a quelques années, nous avons cru que ceci resterait un problème du sud de la province, il ne faisait pas assez chaud chez nous pour que ces cyanobactéries viennent nous envahir. Pourtant, la semaine dernière, pratiquement toutes les plages du lac Ramsey au cœur de Sudbury ont été jugées impropres à la baignade.

Mes garçons sont trop vieux pour vouloir aller à la plage avec leurs parents — comme n’importe quels adolescents, ils ont honte d’être vu en public avec eux — mais n’ayant jamais eu de piscine dans ma cour arrière, les plages du parc Bell et Moonlight nous ont plus d’une fois sauvées des journées chaudes et cuisantes. C’est donc en pensant aux parents de jeunes enfants qui aiment encore se baigner que j’ai une nostalgie des jours où nos plages étaient encore libres de filaments verts visqueux.

Vous me direz que ce n’est pas les choix qui manquent dans la région et qu’il y a d’autres plages. Et vous avez raison. La plage sur le lac Nepahwin derrière l’Université Laurentienne est un joyau caché, il y a aussi une plage à Azilda et je suis déjà allé faire un tour à la plage du parc provincial Fairbanks, pour n’en nommer que quelques-unes.

Mais à part le lac Nepahwin, les autres plages nécessitent un plus grand investissement en temps et en essence pour s’y rendre à partir de Sudbury (tout est relatif). Je suis pas mal convaincu que cet accès facile à des plages de qualité contribue à faire de Sudbury la ville du Canada où les gens sont le plus heureux.

Autre point d’inquiétude, ces algues parasites se retrouvent dans la plus grande réserve d’eau potable de la ville. Les usines de traitement des eaux ont des filtres et les algues sont assez grosses pour être faciles à bloquer, mais toute mécanique risque un bris. À quand notre verre d’eau vert-bleu?

Un peu comme nous à Sudbury il y a quelques années, les résidents de Timmins, Kapuskasing et autres municipalités plus au nord se disent peut-être que c’est un problème du sud. Pourtant, les eaux autour de Timmins en 2008 et, pas plus tard que l’année dernière, des plages dans la région de Temiskaming Shores ont été infestées. Vous ne vous en sortirez donc pas non plus.

Encore plus frustrant, la solution est plus ou moins hors de notre contrôle. Les cyanobactéries sont plus actives quand les niveaux de phosphore et d’azote sont élevés et que la température est chaude. Il est certain que l’on ne peut presque rien contre le temps chaud (les changements climatiques sont un tout autre sujet). Pour la réduction des deux autres composants, un effort collectif est nécessaire. Un effort collectif très large, car l’eau qui se trouve dans le lac Ramsey vient de bien plus loin que seulement le centre-ville de Sudbury.

Mais même si nous arrivions à couper entièrement l’utilisation du phosphore en agriculture, nous en aurions pour encore quelque temps. Ce produit chimique reste dans la chaine alimentaire et dans les sédiments au fond des lacs pendant de nombreuses années.

Il ne reste qu’à espérer que les grandes chaleurs se feront rares pour le reste de l’été.

Lu 1884 fois Dernière modification le mardi, 21 juillet 2015 16:13
Julien Cayouette

Directeur de l'information

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